Association des Chercheurs Francophones en Sciences Humaines

 

Centre de recherches « Fondements de la Modernité Européenne » de l’Université de Bucarest

 

Université d’Ouest « Vasile Goldis », Arad

 

 

Rapport

sur l’Ecole d’été internationale en philosophie et histoire des idées

 

 

« Enseigner l’histoire des idées comme pratique de la liberté.

Modèles d’explication concurrents dans la pensée moderne »

 

 

 

 

 

 

 

 

Avec le soutien financier de:

L’Ambassade de France en Roumanie

Le Conseil départemental d’Arad

 

 

 

Macea, département d’Arad

30 Août – 13 Septembre 2002


Rapport

 

 

I. INTRODUCTION

 

               

L’Ecole d’été « Enseigner l’histoire des idées comme pratique de la liberté. Modèles d’explication concurrents dans la pensée moderne » est l’aboutissement de quelques projets en cours, dont le but est de développer un réseau académique et d’enrichir les curricula dans les Universités roumaines. Les organisateurs, l’Association Roumaine des Chercheurs Francophones en Sciences Humaines (ARCHES) et le Centre de recherches Fondements de la Modernité Européenne de l’Université de Bucarest sont intéressés de raccorder ce réseau déjà existent à une aire scientifique internationale.

L’Association Roumaine des Chercheurs Francophones en Sciences Humaines (ARCHES)  (site internet : www.arches.ro) est un groupe de jeunes chercheurs et enseignants formés en France qui ont décidé de rentrer dans leur pays et travailler dans les Universités roumaines. L’Association s’est constituée en 1997 dans le but général de : a) promouvoir les études, les recherches et la formation dans le domaine des sciences humaines ;  b) développer la francophonie en Roumanie c) soutenir moralement, intellectuellement et techniquement ses membres dans leur activité scientifique.

Le Centre de recherche « Fondements de la Modernité Européenne » (site internet : modernthought.unibuc.ro), créé en 2001 comme structure autonome de l’Université de Bucarest, rassemble de jeunes chercheurs et enseignants, dont les thèmes de recherche touchent à la création en Europe d’un espace intellectuel commun aux débuts de la Modernité. Le but du Centre est de créer une ambiance intellectuelle pour l’étude de la culture, des idées, de la science, de la société et de la spiritualité du XVIIe siècle européen, aussi bien que des périodes qui peuvent être mises en relation avec celui-ci. Cette ambiance est réalisée par des activités de recherche intra- et interdisciplinaire, déployées dans des projets individuels ou de groupe, encourageant le travail en équipe et la dissémination des résultats dans des modules d’enseignement.

Pour l’école d’été de cette année, nous avons choisi comme thème général de comparer des modèles d’explication concurrents au XVIIe siècle dans différents domaines de la pensée. Notre hypothèse de base est que, au XVIIe siècle, aussi bien en métaphysique, philosophie de la nature, cosmologie, histoire de l’art qu’en philosophie politique, morale ou théologie, les penseurs utilisaient différents modèles d’explication, dont la concurrence a engendré une ambiance intellectuelle particulièrement dynamique et dont l’impact sur l’évolution ultérieure de la pensée moderne est essentiel.

Au-delà de la découverte des modèles concurrents à l’œuvre dans l’explication scientifique et philosophique au XVIIe siècle, il est très intéressant aujourd’hui de donner un aperçu de cette diversité à un public de jeunes diplômés et de « junior academics » en sciences humaines, afin de mobiliser les ressources de liberté intellectuelle de chacun dans la découverte et le maniement d’une combinatoire de concepts à l’intérieurs de paradigmes différents. C’est pourquoi nous avons donné à cette Ecole le titre général « Enseigner l’histoire des idées comme pratique de la liberté ».

En effet, la liberté intellectuelle est une caractéristique générale de la période que l’on met traditionnellement en rapport avec les origines de la modernité, une période qui a développé une multitude d’idées alternatives et de systèmes, que l’on peut voir comme des espaces de liberté. La moitié du XVIIe siècle est la période liée à l’émergence de la plupart des concepts scientifiques et philosophiques qui sont aujourd’hui encore en usage et, en même temps, une période féconde pour des modèles alternatifs de sociétés ou des modèles concurrents de comportement des individus. Par rapport à la norme académique courante, nous avons conçu l’Ecole d’été de façon à fournir du matériel nouveau ainsi qu’une perspective plus large sur une variété de sujets touchant la philosophie moderne, l’histoire des idées politiques, l’histoire des sciences, en mettant l’accent sur les alternatives à la fois au niveau des structures sociales qu’au niveau du développement des idées. Nous l’avons pensée telle qu’elle puisse indiquer un champ interdisciplinaire de recherche, en soulignant la pertinence de la plupart des sujets pour les problèmes contemporains en histoire des sciences, histoire des idées, philosophie politique, histoire de l’art. De cette façon, l’Ecole d’été met l’accent sur les voies contemporaines que l’on peut pratiquer pour comprendre les origines de la modernité, tout en privilégiant de nouvelles méthodes d’enseignement fondées sur l’interdisciplinarité et sur des cours et séminaires orientés vers des questions précises.

 

 

II. Buts généraux de l’Ecole d’été

 

1.Concevoir de nouveaux cours, à partir des problèmes exposés

2.Fournir de l’information nouvelle

3.Appliquer des méthodes nouvelles d’enseignement

4.Pratiquer de façon systématique les “tutoriaux” (interaction didactique « un à un »)

5.Construire un réseau étendu de jeunes chercheurs

 

 

III. Les enseignants

 

Pour l’Ecole d’été, nous sommes parti du principe qu’il est utile non seulement pour les participants, mais aussi pour les enseignants de constituer une équipe internationale qui puisse apporter sur le site de Macea une véritable émulation et des horizons nouveaux de recherche et de formation.

Daniel Garber, professeur à l’Université de Princeton, États-unis, parfaitement francophone, a accepté de venir travailler avec nous, pendant une dizaine de jours. Daniel Garber est très connu dans la communauté scientifique internationale pour avoir changé l’image traditionnelle de Descartes, avant tout par un travail très minutieux sur les textes cartésiens, des plus connus à la correspondance, qui lui a permis de restituer une image très fidèle des tensions de la pensée de Descartes. Les recherches de Daniel Garber se sont déroulées dans un contexte où il y a eu un intérêt considérable de re-penser et de re-situer le rôle de Descartes et de la philosophie cartésienne dans le nouveau paysage de la philosophie occidentale. L’ouvrage de Garber de 1992, Descartes's Metaphysical Physics (traduit en 1999 aussi en français, sous le titre La Physique métaphysique de Descartes, aux Presses Universitaires de France. A l’Ecole d’été, Daniel Garber a été associé à trois des quatre cours fondamentaux. Dans le cours B, “Fondements alternatifs de la philosophie morale », il a donné une séance de cours en collaboration avec Vlad Alexandrescu, sur la « Théorie du corps chez Descartes ». Dans le cours C, “Modèles cosmologiques alternatifs”, il est intervenu deux fois, en donnant un double exposé sur la théorie de la substance chez Leibniz. Enfin, dans le Cours D, “Modèles théologiques alternatifs au XVIIe siècle” il est intervenu en faisant un cours sur « Pascal et l’épistémologie de la foi ».

Un autre sujet dont l’importance a considérablement augmenté ces dernières années, c’est le poids et l’influence de la philosophie scolastique tardive sur la formation d’une philosophie moderne au XVIIe siècle. Les recherches ont montré que, loin du tableau historique figé selon lequel une scolastique essoufflée a cédé la place à la philosophie mécanique, Descartes a fonctionné comme médiateur depuis les concepts scolastiques et notamment scotistes vers une métaphysique nouvelle et une philosophie naturelle fondée sur cette métaphysique. Un pionnier de cette « nouvelle histoire » de la philosophie, Roger Ariew, professeur à la Virginia Polytechnic Institute and State University, a publié des ouvrages essentiels concernant le passage de la philosophie scolastique à la philosophie moderne, dont il convient de citer ici Descartes and the Last Scholastics, paru en 1999. En rapport avec les recherches qu’il mène depuis une dizaine d’années, le Professeur Ariew est intervenu dans l’Ecole d’été tout d’abord dans le Cours C, “Modèles cosmologiques alternatifs”, en donnant deux séances de cours à propos de « La réception de la nouvelle astronomie dans les écoles », en reconstituant l’histoire des modèles cosmologiques entre Galilée et Descartes. Dans le Cours D, “Modèles théologiques alternatifs au XVIIe siècle”, Roger Ariew est intervenu en faisant deux cours sur les « Variétés de discours scolastiques théologiques et métaphysiques au XVIIe siècle », où il a brossé un excellent tableau de l’enseignement de la philosophie scolastique au XVIIe siècle, avec les tensions conceptuelles entre le thomisme et le scotisme.

Le Professeur Jean-Robert Armogathe, directeur d’études à l’Ecole Pratique des Hautes Etudes, Paris, un fin connaisseur de l’arrière-plan historique et théologique du XVIIe siècle, un chercheur de grande envergure intellectuelle, est intervenu dans le cours D “Modèles théologiques alternatifs au XVIIe siècle”, sur le thème  « Mystiques & hérétiques au XVIIe siècle ». En outre il a donné une conférence sur « Les philosophies scolastiques de l'âge classique » et un atelier méthodologique consacré à « Analyse et synthèse dans la pensée du XVIIe siècle ». Ces contributions ont été bien précieuses aussi par la quantité de références à des travaux récents ou en cours, dans lesquels les participants ont trouvés des idées pour leurs propres démarches.

Frédéric de Buzon, professeur à  l’Université de Paris XII, a bien voulu partager sa connaissance très approfondie de Descartes. Il est intervenu notamment dans le cours C, “Modèles cosmologiques alternatifs”, à propos de la « Théorie cartésienne des tourbillons », avec Vlad Alexandrescu, sur « La théorie du sensible chez Descartes » et, avec Dana Jalobeanu, sur « Les qualités occultes de Descartes à Newton ». Sa passion des textes et du détail de la reconstitution philosophique d’un auteur a fourni aux participants une leçon d’exégèse.

Le cours A, “Modèles alternatifs de la cité”, a été intégralement (5 séances) à la charge du chercheur roumain Catalin Avramescu, membre de l’Institut d’histoire de Vienne.

Dans le choix, la construction et les enseignants de ces quatre cours fondamentaux, nous avons essayé de créer un équilibre entre une direction que l’on peut appeler de philosophie morale et politique et une autre, que l’on peut appeler « philosophie naturelle », dans laquelle il faut comprendre la métaphysique, la théologie et l’épistémologie.

Dana Jalobeanu, chargée de cours à l’Université Vasile Goldis, Arad, a entrepris de fournir les assises conceptuelles du cours C, “Modèles cosmologiques alternatifs”, en faisant une introduction générale à la problématique de la Révolution Scientifique, ainsi qu’un cours sur la notion de matière chez Bacon, Descartes et Newton. Elle a organisé conjointement avec Vlad Alexandrescu un séminaire sur la notion de vide chez Pascal et Boyle, et avec Frédéric de Buzon un séminaire sur les qualités occultes de Descartes à Newton. Vlad Alexandrescu a construit le cours consacré B, “Fondements alternatifs de la philosophie morale”, en donnant un exposé sur la théorie du corps (avec D. Garber), un autre sur la théorie du corps propre chez Descartes. Dans le même cours sont intervenus les jeunes enseignants Sorana Corneanu, Université de Bucarest, en se livrant à une nouvelle interprétation de la Tempête de Shakespeare et Ciprian Tudor, Université Polytechnique de Bucarest, sur les rapports de la morale de Descartes au stoïcisme ancien. Stefan Vianu, Institut de philosophie de Bucarest, a fait une conférence sur « La déconstruction du sujet chez Pascal », en mettant en évidence les tensions internes de la pensée pascalienne, notamment en rapport avec les choix philosophiques de Descartes.

            En complément des cours mentionnés, nous avons bénéficié de conférences données par des chercheurs roumains très réputés, dont la participation à l’Ecole d’été a été une véritable joie. Horia-Roman Patapievici a donné une conférence sur l’épistémologie et la métaphysique rendant possibles la magie de l’Antiquité tardive jusqu’au XVIIe siècle. Anca Oroveanu, Académie des Beaux-arts, Bucarest, a réfléchi, à propos de la source d’une conférence du peintre Le Brun sur l’expression des émotions humaines dans le Traité des passions de l’âme de Descartes, sur les contraintes de la figuration des passions et du portrait au XVIIe siècle. Mihaela Irimia, Université de Bucarest, a proposé une vision personnelle sur le désenchantement à l’œuvre dans les paradigmes littéraires et esthétiques du XVIIe siècle de Cervantès à Samuel Butler.

 

           

III. La promotion du projet

 

La direction de l’Ecole d’été a été assurée par les personnes suivantes: Dr. Vlad Alexandrescu (Directeur), Dr. Dana Jalobeanu (Directeur adjoint), Ciprian Tudor (Assistant scientifique), Isabela Alic (Assistant administratif), Florina Popa (Comptable de la part de l’Association ARCHES). La promotion du projet a commencé neuf mois avant le commencement de l’école, plus précisément en janvier 2002. Nous avons utilisé des moyens électroniques, à partir des différents réseaux de courrier électronique du Centre de recherches « Fondements de la Modernité Européenne », de l’Association ARCHES, du New Europe College. Nous avons diffusé l’annonce de l’école sur des listes électroniques. Nous avons aussi des contacts personnels, essayant de toucher le plus d’universités et de champs académiques. En avril 2002, nous avons fait paraître une brève annonce sur les pages web de l’Association ARCHES et du Centre de recherches et en juin 2002, nous y avons publié l’information complète (le guide de candidature, les formulaires de  candidature, le programme de l’école). Ces sites ont été utilisés ensuite pour publier aussi les résultats de la sélection. Afin de promouvoir le projet aussi de façon conventionnelle, nous avons fait paraître des annonces de l’Ecole d’été dans les revues : “22”, “Dilema” et  “Catavencu”.

 

 

 

IV. Sélection des participants

 

            Nombre de candidatures

            De Bucarest: 20

D’autres villes de Roumanie: 12

            D’Europe Centrale :1

 

            Critères de sélection

Le Jury de sélection (composé de la direction scientifique de l’école) a utilisé les critères suivants:

 

1. Eléments du CV en rapport avec l’intérêt professionnel

2. La motivation du candidat de participer à un projet concernant la Modernité européenne (lettre de motivation du candidat et conversation téléphonique)

3. La possibilité de construire un enseignement nouveau ou un projet de recherche en rapport avec le thème de l’Ecole d’été

4. La connaissance de la langue étrangère lui permettant de participer de façon active au programme de l’école

 

            Liste définitive des participants:

           

A. De Bucarest:

 

1. Ana-Raluca Alecu

2. Cristina Martha Balinte

3. Eugen Ciurtin

4. Sorana Corneanu

5. Ana-Maria Datcu

6. Mihnea Liviu George Dobre

7. Andrei Patru Dor Gaitanaru

8. Stefan Dominic Georgescu

9. Dan Popescu

10. Adina Geogeta Ruiu

11. Anamaria Schwab

12. Alexandru Liviu Stroia

13. Mihaela Adriana Timus

14. Rares Ilie Zaharia

           

B. D’autres villes de Roumanie:

 

1.      Marius Costel Esi

2.      Noemi Hagan

3.      Silviu Petrica Hodrea

4.      Ana Maria Pascal

5.      Laura Ranca

6.      Valentin Stanga

7.      Loredana Stroe

 

C. De l’Europe Centrale:

 

1. Monika Bokiniec

 

 

 

          V. L’emplacement de l’Ecole d’été

 

Le château de Macea est un château construit au XVIIIe siècle par une famille serbe de la noblesse austro-hongroise. Le château est actuellement géré par l’Université « Vasile Goldis » d’Arad qui le destine à des activités académiques. Il est entouré d’un domaine qui est composé pour la plupart d’un jardin botanique très riche. Le château a connu ces dernières années d’importants travaux de réfection, qui l’on rendu habitable, même si le confort reste tout de même assez limité. Une quinzaine de chambres (de 2 à 5 personnes) on abrité participants et enseignants, qui prenaient les repas dans une salle à manger commune. Les cours et séminaires avaient lieu dans deux salles différentes, mais aussi, l’après-midi sur le parvis du château ou bien sur la terrasse. 

Par sa position (25 Km de la ville d’Arad), au milieu d’un village, le château de Macea rend possible une ambiance paisible, favorable à l’étude et à la vie de campus. Une véritable communion académique, rythmée par les activités didactiques, les repas pris ensemble, les promenades dans le parc, les « tutoriaux », devient possible entre enseignants et participants.

En général, les activités n’avaient pas lieu parallèlement, à l’exception de quelques séminaires qui, en raison du nombre élevé d’activités, ont dû être programmés ensemble. Cette double programmation a parfois engendré des frustrations, aussi, dans le cas d’un projet semblable, serait-il souhaitable de l’éviter.

La plupart des tutoriaux avait lieu à l’extérieur du château, soit sur le parvis du château ou sur la terrasse, soit au cours de promenades à travers le jardin botanique.  

            Chaque jour, le programme prévoyait deux heures de travail individuel (dans l’après-midi). Un type spécifique d’activité était centrée sur les projets des participants, à savoir un séminaire, dirigé par un modérateur (Brindusa Palade, Ecole Nationale des Sciences Politiques et Administratives, Bucarest ou Stefan Vianu, Institut de philosophie, Bucarest) dont la tâche durant l’école d’été était uniquement d’écouter et d’orienter chaque participant dans son projet spécifique, à l’intérieur duquel chaque participant exposait son projet scientifique et recueillait des réactions de la part des autres participants, du modérateur et, le cas échéant d’enseignants spécialement invités par lui.  

            Un des problèmes du choix de cet emplacement isolé fut le manque de connexion Internet et de courrier électronique. Ce manque a pu être comblé par des allers-retours dans la ville d’Arad et par une bonne communication téléphonique avec Mme Isabella Alic, assistante administrative déléguée par le Rectorat de l’Université Vasile Goldis d’Arad.

            Par les soins du Centre de recherche « Fondements de la Modernité Européenne », l’Ecole d’été a pu bénéficier d’un fonds d’ouvrages spécialisés (textes et commentaires), qui a été transporté de Bucarest au château de Macea, grâce à la gentillesse de M. Dan Popescu, l’un des participants. La plupart du matériel pédagogique pour cours et séminaires avait déjà était prévu par les enseignants et multiplié à Bucarest, avec l’appui du New Europe College.

Les enseignants avaient apporté en général leurs ordinateurs portables, ce qui a permis aussi l’échange de livres en format électronique. Vlad Alexandrescu avait aussi apporté une imprimante, ce qui a permis d’imprimer sur place quelques textes à but didactique ou de publicité du projet. En effet quelques-uns des participants on tenu à écrire des articles au sujet de l’école qui ont paru dans la presse locale d’Arad et dans la presse centrale.

Les hôtes de Vasile Goldis se sont donné aussi la peine de prévoir un ordinateur de bureau, un vidéoprojecteur et un écran, ce qui a amélioré le caractère interactif des enseignements.

           

 

VI. Evénements de l’Ecole d’été dans et en dehors du programme

           

 

La structure de l’Ecole d’été a été bâtie autour de quatre cours fondamentaux, comprenant cinq à sept séances de cours et séminaires et tutoriaux.

            Un cours fondamental était composé :

            1. Des séances de cours d’une heure trente. Le cours était focalisé sur une bibliographie nouvelle, avec un regard critique particulier sur la problématique. Des cahiers de cours, comprenant des textes et des éléments de bibliographie étaient à la disposition des participants.

2. Des séminaires de deux heures organisés soit par le titulaire du cours, soit par un associé de celui-ci, soit tenus par deux personnes en dialogue, à partir des sujets abordés dans le cours, soulignant le caractère interdisciplinaire de l’approche ou des méthodes alternatives de recherche. Les séminaires tiraient parti de la lecture de textes fondamentaux indiqués dans la bibliographie.

3. Des tutoriaux (interaction “un à un”) ayant lieu de façon informelle tous les jours de 19 heures à 20 heures.  En général, le tutorial était l’occasion d’approfondir des questions abordées dans le cours ou bien d’engager un débat autour d’un sujet proposé par un participant à l’enseignant.

 

 

Outre ces activités, il y a eu:

 

4. Une table ronde autour du thème général de l’Ecole d’été, « Enseigner l’histoire des idées comme pratique de la liberté », où les enseignants et les participants se sont livrés à un brainstorming sur  l’importance de l’étude de l’histoire des idées pour différentes spécialités universitaires et sur l’impact de cette discipline sur différentes méthodes d’enseignement, dans la formation universitaire et post-universitaire.

 

5. Six conférences (Jean-Robert Armogathe, Ioan Biris, Mihaela Irimia, Anca Oroveanu, Horia-Roman Patapievici, Stefan Vianu,

 

6. Deux ateliers (Jean-Robert Armogathe, Frédéric de Buzon)

 

7. Une session libre, dans laquelle les participants ont été appelés à organiser une formation de type D.E.A. en histoire des idées. Il y a eu quatre équipes de participants, qui ont eu comme thème de réfléchir sur leur propre formation de D.E.A., et d’en proposer une autre, en indiquant à la fois les spécialités enseignées, le type d’activités didactiques, les méthodes d’enseignement, les formes d’évaluation, les stages pratiques, la durée, etc. Les équipes ont travaillé seules, sans aucune aide de la part des enseignants. On a ensuite invité chaque équipe de choisir un porte-parole qui puisse présenter aux autres participants et aux enseignants la formation qu’ils avaient construite, en essayant de convaincre l’auditoire de la choisir.

 

8.  Des séminaires proposés par les participants. A peu près la moitié des participants ont décidé de faire aussi un séminaire, qui était modéré par une des deux personnes spécialement appelées à le faire. Il y a eu les exposés suivants:

 

A. Eugen Ciurtin: à propos de la méthodologie du comparatisme en histoire des religions;

B. Anamaria Pascal, sur le scepticisme moderne ;

C. Rares Zaharia sur l’autoreprésentation du peintre dans l’art de la Renaissance et du XVIIe siècle ;

D. Adina Ruiu, sur les relations des jésuites au Canada au XVIIe siècle ;

E. Andrei Gaitanaru, sur le discours mystique au XVIIe siècle et notamment sur Angelus Silesius ;

F. Stefan Georgescu, sur l’argument ontologique chez Spinoza ;

G. Mihnea Dobre à propos de la méthode et de l’ordre chez Descartes ;

H. Dan Popescu sur l’esthétique de l’art contemporain.

 

9. Des concours, organisés les deux derniers jours, qui ont permis d’évaluer, sous une forme éminemment interactive et non-conventionnelle la faàon dont les participants avaient compris et interiorisé la problématique des cours choisis (deux sur quatre). Quelques-uns des textes produits par les participants dans ces concours sont publiés sur la page web de l’Ecole d’été (rubrique ARCHives de www.arches.ro).

 

          VII. Conclusions

           

Nous considérons que, selon la plupart des critères, l’Ecole d’été fut un projet couronné de succès, dans le sens où elle a montré la nécessité du changement dans les curricula académiques, et quelques directions dans lesquelles ce changement pourrait être envisagé. L’intérêt considérable montré par la plupart des participants fut le critère le plus révélateur. Nous avons été surpris de constater la façon dont la plupart des participants souhaitaient d’être associés aux activités de l’Ecole d’été et, à travers cela, aux activités des groupes ayant organisé l’école. En outre, depuis la fin de l’école, quelques-uns des participants sont venus régulièrement aux réunions du Centre de recherche « Fondements de la Modernité Européenne » et se sont engagés à mener des projets de recherche dans le champ ouvert à Macea. Un séminaire international, dont le thème est « L’Action chez Descartes » se tiendra le 15 janvier à Bucarest, qui regroupera des participants de l’Ecole d’été.

 

 

 

Vlad Alexandrescu