Rapport sur

le séminaire régional

"De l’utilité et des inconvénients de la philosophie dans les pays post-communistes"

Cluj, 16-20 mai 2001

(www.arches.ro)

Organisateurs:

Lieu:

Participants:

  1. Sorin Alexandrescu – Universités de Bucarest (Roumanie) et d’Amsterdam (Pays-Bas), ami de l’ARCHES
  2. Corneliu Bîlba – Université de Iasi (Roumanie), membre ARCHES
  3. Petru Bejan – Université de Iasi (Roumanie)
  4. Geo Clitan – Université de Timisoara (Roumanie)
  5. Magdalena Cojocea – Universités de Bucarest et Tîrgoviste (Roumanie), ARCHES
  6. Petre Dumitrescu> – Université de Iasi (Roumanie)
  7. Paul Kun – Université de Timisoara (Roumanie)
  8. Adrian Nita – Institut de Philosophie Bucarest (Roumanie)
  1. Corina Benea – Université de Cluj (Roumanie)
  2. Emilian Cioc – Université de Cluj (Roumanie), membre ARCHES
  3. Virgil Ciomos – Université de Cluj (Roumanie), ami de l’ARCHES
  4. Ciprian Mihali – Université de Cluj (Roumanie), membre ARCHES
  5. Dan Ratiu – Université de Cluj (Roumanie), membre ARCHES
  1. Patrice Canivez (Université de Lille III)
  2. Alexandre Schnell (Université de Paris XII-Créteil)
  3. Claude Karnoouh (CNRS Paris, Université de Cluj), ami de l’ARCHES.
  1. Gjergji Sinani (Université de Tirana)
  2. Doriana Papajani (Université de Tirana)
  1. Gheorghe Bobâna (Université d’Etat de Chisinau)
  2. Eugenia Bogatu (Université d’Etat de Chisinau, Collčge Invisible de Chisinau)
  3. Victor Popovici (Université d’Etat de Chisinau, Collčge Invisible de Chisinau)
Sources de financement:

Le séminaire régional sur l’enseignement de la philosophie dans les pays post-communistes fait partie du programme annuel de l’Association Roumaine des Chercheurs Francophones en Sciences Humaines pour l’année 2001. Son projet a été lancé en septembre 2000 et approuvé lors de l’Assemblé général de l’ARCHES (février 2001).

Le projet a été présenté en vue d’un financement auprès de plusieurs institutions européennes et internationales ; finalement, le projet a été retenu et soutenu par l’Association Européenne de l’Université et par les Services de Coopération et d’Action Culturelle de l’Ambassade de France en Roumanie. Il a été refusé par la Fondation pour une Société Ouverte de Bucarest (dans le cadre du programme Est-Est) qui l’a apprécié comme n’étant pas « real cross-border and long time work » Les travaux du séminaire vont infirmer ce jugement et ses résultats permettent d’espérer que l’ARCHES et ses partenaires régionaux réussiront à rétablir une nécessaire et fructueuse relation professionnelle avec cette importante institution, dont le rôle dans la réforme académique fût décisive après 1989.

Description des activités pendant le séminaire

Les rencontres qui ont eu lieu pendant les trois jours du séminaire étaient animées par une triple intention :
a) interroger du point de vue de la philosophie même son double rapport aux autres disciplines et à son passé récent dans les pays post-communistes. Pour répondre à cette intention, les activités de la première journée du séminaire ont été entièrement consacrées au travail spécifiquement philosophique. Ainsi, le matin du 17, après l’ouverture officielle du séminaire (par une présentation des enjeux théoriques et pratiques du séminaire, faite par MM. Virgil Ciomoş, directeur du département de philosophie de Cluj et par M. Ciprian Mihali, président de l’ARCHES) M. Claude Karnoouh (CNRS Paris et professeur invité à l’Université de Cluj) a lancé un questionnement radical sur L’enseignement des humanités comme symptôme de la crise de l’Université. Les discussions qui ont suivi à cette conférence ont été particulièrement animées, par une confrontation réelle d’arguments philosophiques et par la présentation de plusieurs points de vue assumés par les participants.

L’après-midi du 17 a fait lieu aux deux séminaires philosophiques : le premier visait un débat autour du rapport entre la philosophie et les (autres) sciences humaines. Le séminaire, modéré par M. Karnoouh, part de la possibilité même de considérer la philosophie comme une science (humaine) et interroge la naissance des sciences humaines et sociales, à la fin du XVIII-ème siècle et au début du XIX-ème. Est-ce qu’on peut considérer cette naissance comme coïncidant avec la perte de la place privilégiée que la philosophie avait dans l’ensemble des sciences (ou des savoirs) modernes ? Est-ce que l’essor de ces sciences humaines et sociales, au XIX-ème et au XX-ème siècle, oblige à une redéfinition de la philosophie, de son statut théorique et institutionnel ? Comment négocier du point de spéculatif, mais aussi pratique et social, la position de la philosophie dans le monde actuel ? Que reste-t-il du potentiel critique de la philosophie ? Une tentation assez fréquente encore dans les milieux philosophiques (surtout dans les pays post-communistes) c’est d’attribuer aux philosophes une mission médicale et thérapeutique : la société, la pensée, l’époque seraient malades, les philosophes sont à même d’identifier les causes de la maladie et de la guérir. Ils oublient, en adoptant une telle position, que cette mission n’appartient plus (mais est-ce qu’elle aurait jamais appartenu ?) aux philosophes, mais aux spécialistes des sciences sociales et aux technocrates des sciences dures et de l’administration.

Le deuxième séminaire – animé par M. Patrice Canivez – traitait d’une question encore plus concrète : celle du destin de la philosophie dans les pays post-communistes. En paraphrasant Hölderlin et Heidegger, les participants ont essayé, sinon de répondre, au moins de se confronter à cette question plus que bicentenaire : « A quoi bon la philosophie (et les philosophes) en temps de détresse ? » Il ne s’agit nullement de déplorer une certaine « crise » de la philosophie : au contraire, il faut partir, dans toute analyse, du constat que la philosophie a retrouvé à l’Est une certaine vigueur, que les enseignants et les étudiants en philosophie s’investissent énormément dans le travail de la pensée. Ce qu’il faut, par contre, prendre en compte, c’est la naïveté ou, pour le dire autrement, le retard, le décalage avec lequel certains types de questionnements philosophiques sont posés. Entre le retour à la spéculation traditionnelle (et au philosophe retiré du monde) et l’opportunisme des modes actuelles (et du « philosophe » prêt à parler de tout et de rien pour une poignée de dollars), il y encore un grand travail de pensée et d’honnêteté intellectuelle à faire.

b) débattre les problèmes pratiques de l’enseignement philosophique à l’université. La deuxième journée du séminaire (vendredi, 18 mai) fut entièrement consacrée à ces problèmes.

La deuxième journée du séminaire (vendredi, 18 mai) fut entièrement consacrée à ces problèmes.

Ainsi, autour de la table ronde du matin (modérée par MM. Virgil Ciomoş et Dan Raţiu) les participants ont été invités ŕ présenter les situations concrètes de l’enseignement de la philosophie dans leurs pays : plans d’enseignements, charges didactiques des enseignants, nombre d’heures par semaine pour les étudiants, le rapport entre cours généraux (ou obligatoires) et cours spéciaux (ou optionnels), systèmes de notation et d ‘évaluation, diplômes délivrés, etc. Cette présentation a relevé l’existence de grandes différences à tous ces niveaux entre la Moldavie (issue et dépendant encore d’un système soviétique), l’Albanie (qui manifeste une forte volonté de changement curriculaire, mais qui manque encore de moyens scientifiques et didactiques), la Roumanie (engagée dans la reforme, mais hésitant toujours entre une tradition encyclopédique et une modernité cloisonnante) et la France (dont le système d’enseignement philosophique a subi quelques changements importants ces dernières décennies). De telles différences semblent soulever plusieurs difficultés dans le processus d’équivalence européenne des diplômes : par exemple, aucun des pays de l’Est (du moins des pays représentés au séminaire) ne connaît le système des diplômes « intermédiaires » (correspondant en France au DEUG ou à la licence), ce qui fait que toute interruption des études avant la quatrième année soit synonyme d’une non-reconnaissance des cours suivis jusqu’alors. Cette déficience provient aussi de l’absence d’une législation du travail compatible avec les normes européennes. Le système européen des crédits transférables, surtout après la mise en place du processus de Bologne et de son adoption dans la plupart des pays européens, permettra de surmonter certaines de ces difficultés, mais il risque en même temps de cacher d’autres non-concordances (concernant, par exemple, les diplômes intermédiaires, les modalités de notation : examen écrit ou oral en fin de semestre, travaux dirigés et évaluations périodiques, échelle des notes etc.).

L’après-midi de cette deuxième journée a été consacré à la présentation des actions francophones en réseau et aux projets auxquels participent les institutions représentées au séminaire. MM. Patrice Canivez et Ciprian Mihali ont modéré une discussion centrée sur des questions très pratiques, concernant les relations déjà existantes entre les philosophes de l’Est et de l’Ouest et les projets de collaboration pour les années suivantes.

La première partie de la réunion a été présidée par M. Patrice Canivez, professeur à l’Université de Lille III, institution qui accueillera en septembre l’école d’été francophone en philosophie sur la responsabilité. Cette école – avec ses 40 invités des pays de l’Est, devrait assurer une continuité des écoles d’été organisées par ARCHES depuis sept ans, en parallèle avec une autre école d’été sur la naissance de la pensée moderne, qui aura lieu toujours en septembre, à Tescani, en Roumanie. L’école de Lille est censée représenter le premier moment d’un travail de longue durée en réseau, qui débutera cet automne avec un grand projet Tempus, soutenu par plusieurs universités françaises (Nice, Lille III, Amiens, etc.) et par une dizaine d’universités central- et est-européennes.

Le but de ces actions est de créer un cadre institutionnel à la coopération universitaire, qui se prolonge au-delà du cadre temporaire d’une école d’été et qui puisse avoir des effets immédiats dans la réforme académique des pays post-communistes. Aussi, elles doivent contribuer de façon immédiate à la reforme universitaire, par la création des mécanismes permettant la mise en place du système européen de crédites transférables dans les universités concernées et, par conséquences, par la reconnaissance mutuelle des diplômes délivrés par ces mêmes universités. Plus concrètement, il s’agit de réfléchir ensemble sur la possibilité d’introduire de modules communs d’enseignement, à l’image du DEA de philosophie française de Cluj, mais qui pourraient se prolonger vers les niveaux inférieurs de préparation universitaire, maîtrise et licence, jusqu’au diplôme d’études universitaires générales. La délocalisation des diplômes est l’une des solutions viables face aux défis de ce processus, tout en tenant compte aussi d’une réalité présente, qui est celle de l’existence sur place, dans certains pays concernés (comme la Roumanie), des structures institutionnelles facilitant cette délocalisation.

Sur le plan des écoles d’été, l’Université d’été de Lille (selon sa dénomination officielle) sera suivie l’année prochaine par une autre école, organisée cette fois dans un pays des Balkans (Albanie, Macédoine, ex-Yougoslavie), et portant sur le thème du projet Tempus : la ville. Toujours dans le domaine des contacts scientifiques, les deux professeurs français (MM. Canivez et Schnell) ont exprimé la disponibilité de leurs départements d’établir, à partir de cet automne, des contrats Erasmus-Socrates avec plusieurs universités de la région, dont Cluj, Chisinau ou Tirana. Les détails de ces accords seront mis au point lors de l’école d’été en septembre.

M. Ciprian Mihali, président de l’ARCHES et modérateur de la deuxième partie de la réunion, a présenté les activités de l’association pendant les années passées (écoles d’été, séminaires intra- et interdisciplinaires, participations à des manifestations scientifiques internationales, co-organisation de plusieurs colloques scientifiques) et a exprimé la volonté des membre de l’ARCHES de s’investir dans les projets régionaux. Ainsi, il a mentionné l’organisation de sept éditions consécutives de l’école d’été, devenue à ses trois dernières éditions régionales, par la participation des collègues provenant des pays de la région, mais aussi de l’espace ex-soviétique. Comme l’école est devenue de plus en plus grande (arrivant à sa dernière édition, à presque 80 participants), ARCHES a décidé à la fin de l’école 2000 de proposer et de participer à plusieurs projets d’écoles d’été pour 2001. Ainsi, trois projets ont été préparés dès le mois d’août 2001, afin d’entrer dans le délai du principal sponsor de l’école, OSI-HESP Budapest. Sur les trois projets – portant sur : a) l’éducation par la littérature et la linguistique ; b) l’espace public dans les Balkans et c) la naissance de la pensée moderne au XVII-ème siècle – OSI-HESP n’a retenu pour un financement que le troisième, qui donnera ainsi lieu à une école d’été à Tescani (Roumanie) au mois de septembre 2001, sous la direction de M. Vlad Alexandrescu (Université de Bucarest, membre du conseil de l’ARCHES). Le premier projet (littéraire), en absence du financement, se réalisera néanmoins sous la forme d’un séminaire spécial, au mois d’octobre, à l’Université de Bucarest. Mais l’histoire la plus intéressante appartient sans doute au projet sur l’espace public. La spécificité de ce projet provenait tout d’abord de l’équipe qui le proposait : il s’agissait d’un groupe de jeunes chercheurs en sciences humaines de plusieurs pays de la région (Albanie, Bulgarie, Macédoine, Roumanie et Slovénie), anthropologues, sociologues, philosophes, spécialistes en média etc. Ce projet devait continuer d’une certaine manière la « tradition » des écoles de Cluj, par son caractère interdisciplinaire et par la présence quasiment égales des participants de huit pays de la région. Mais le projet fut refusé par OSI-HESP, qui le trouvait « too high level » et donc n’ayant pas, selon eux, un impact directe sur le processus d’enseignement universitaire, surtout à son niveau de base. Malgré ce refus, le projet n’a pas été abandonné et, en collaboration avec une équipe française (composée principalement de MM. Christian Duhamel, Paul-Antoine Miquel et Patrice Canivez), il a subi plusieurs modifications (passant pas Skopje, Dubrovnik, Prishtina), en s’arrêtant finalement à sa forme actuelle, celle de l’école d’été de Lille sur la responsabilité. Les initiateurs de ce projet ont voulu absolument garder la continuité de l’action en réseau, tout en profitant de la détermination des gens impliqués, ainsi que des relations amicales et professionnelles établies entre eux.

La réunion a donné ensuite l’occasion a une discussion autour des stratégies concrètes d’action et des possibilités de financements des actions communes. Il s’agit, en effet, pour tout projet académique, de trouver les meilleurs moyens de le mettre en place, les personnes disponibles à y participer, les finalités concrètes et les instruments de travail, les sources de financements capables de soutenir de tels projets. On a pu constater, pendant le débat, et non pas sans une certaine amertume, que certains partenaires qui soutenaient d’habitude ces types de projets ont changé de stratégie, en réduisant dramatiquement les fonds pour la recherche et pour la coopération scientifique, au profit des programmes méthodologiques, d’introduction dans les disciplines sociales et d’encouragement des actions politiques et culturelles. D’autres partenaires s’orientent plutôt vers des actions « grand public », en essayant de récupérer en image médiatique ce qui fait défaut dans l’activité scientifique. Enfin, il y a aussi de bonnes nouvelles : l’Association Européenne de l’Université soutient généreusement certaines actions régionales, certes, dans la limite de ses possibilités, mais cela permet toutefois d’obtenir des co-financements. Une autre bonne nouvelle semble venir de la part des ministères français, qui ont crée récemment plusieurs programmes à l’appui de la francophonie, qui se voit – dans cette région de l’Europe Centrale et Orientale – souvent devancée par les autres grandes cultures mondiales (allemande, anglaise ou américaine). Tout cela oblige donc à une flexibilité accrue de la part des professeurs et de ceux qui prennent des initiatives de collaboration, par l’adoption d’une autre attitude envers les enjeux de leurs préoccupations, envers les tactiques à assumer dans l’action individuelle et surtout collective, envers les institutions auxquelles ils s’adressent. Il reste à voir comment la philosophie – par ses enseignants, par ses institutions – sera capable de garder son identité dans les démarches critiques qui sont les siennes, comment arrivera-t-elle à entrer en dialogue avec les autres langages et les autres institutions du monde post-communiste et post-moderne, tout en s’adaptant aux nouvelles exigences de l’enseignement européen et de la vie académique transnationale.

c) interroger le statut de la philosophie dans l’enseignement pré-universitaire.

La troisième journée du séminaire, samedi, le 19 mai, a lancé un vif débat sur le statut (menacé déjà !) de la philosophie dans l’enseignement pré-universitaire. Par des présentations successives, les participants ont fait connaître à l’auditoire les différentes modalités de structuration du cursus philosophique au lycée, selon le pays, ou selon l’orientation professionnelle des lycées mêmes. Plusieurs intervenants, ayant à faire avec la philosophie au lycée (en tant que professeur ou en tant qu’inspecteur) ont souligné les difficulté de l’enseignement à ce niveau : cela est dû à la conception même de l’apprentissage à l’école, très souvent réduit encore à la reproduction mnémotechnique des informations imposées à l’élève, ce qui ne permet pas de développer une attitude personnelle et responsable envers les contenus acquis. Il ne faut pas négliger dans ce cadre la fréquence – importante encore – des enseignants ayant appris (avant 1989 et même après…) une éducation autoritaire et décourageant le débat, ce qui, dans le cas de la philosophie, s’avère d’autant plus nuisible.

Deux questions ont été traitées avec une attention particulière pendant cette réunion : 1) le passage aux manuels alternatifs de philosophie en lycée. Comme on le sait déjà des expériences récentes (en Roumanie, mais aussi dans d’autres pays de la région), les manuels alternatifs (surtout quand il s’est agi de l’histoire nationale et la littérature) ont provoqué des réactions démesurées dans les milieux intellectuels et dans l’opinion publique. La compétition aux manuels alternatifs est désormais ouverte pour la philosophie aussi ; mais est-ce que la simple idée de proposer une autre interprétation de la pensée philosophique et de son histoire suffit pour offrir aux élèves en terminale une introduction dans cette discipline et quelques rudiments de pensée critique ? Comment proposer de tels manuels quand le programme national prévoit une diminution des heures de philosophie et une thématique incohérente ? Est-ce qu’il faudra créer deux manuels à la fois, un pour le professeur, un autre pour l’élève ? Comment négocier une formule de manuel entre une interprétation unique des textes proposés et une compilation de fragments, dépourvue de toute explication historique ou contextuelle ? 2) Une autre question qui a suscité l’attention et l’intervention des participants a été la présence même de la philosophie dans l’enseignement universitaire et de son rapport avec d’autres disciplines théoriques; et cela, à partir d’une intention du ministère roumain de l’enseignement de remplacer, au lycée, la philosophie (ou, du moins, son obligativité) avec la religion. Une situation similaire – ayant cette fois-là comme objet la réduction du nombre d’heures de philosophie en terminale – avait créé un fort débat dans les milieux culturels français dans les années ‘70-’80. Jacques Derrida, en tant l’un des initiateurs des protestes, a publié ensuite plusieurs textes sur la philosophie et son rôle social dans un volume intitulé Du droit à la philosophie. A partir de cet exemple devenu classique, les participants ont décidé de réagir à l’initiative gouvernementale, qui relève plutôt de l’influence de l’église orthodoxe sur la politique laïque de l’Etat (une église qui avait par ailleurs demandé le statut d’ « église nationale »… , dans une confusion totale du politique et du religieux). Il s’agit d’élaborer une lettre au ministère, qui sera signée par les intellectuels roumains et qui protestera contre la diminution dramatique de la pensée autonome chez les adolescents et contre la dogmatisation de l’enseignement, par l’introduction des cours de religion, soutenus selon une méthodologie inquisitoriale et par des clercs non-qualifiés pédagogiquement.

Points forts et points faibles du séminaire:

Points forts:

Points faibles:

Rapport financier – voir l’annexe.

Rapport rédigé par Ciprian Mihali

Président de l’ARCHES et coordinateur du séminaire

Cluj, le 4 juin 2001