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Rappel du projet pluri-annuel dans lequel s'inscrit cette UEE.
Depuis 1993 un réseau s'est constitué sous la triple forme de multiples contacts scientifiques entre pays d'Europe Centrale et du Sud-est, de partenariat avec les associations qui ont acquis une expérience irremplaçable en matière de coopération intellectuelle (l'association roumaine francophone ARCHES, l'association tchèque et slovaque JAN HUS) et de collaboration étroite entre l'Université de Nice-Sophia Antipolis et de l'Université de Lille III.
L'initiative est venue d'abord de Roumanie où une Association Roumaine de Chercheurs Francophones en Sciences Humaines s'est constituée et a organisé de nombreuses manifestations scientifiques et plusieurs universités d'été en partenariat avec l'Ecole Normale Supérieure, l'Université de Nice-Sophia Antipolis, avec le soutien financier de la DRIC et de la fondation SOROS. Cette association dispose aujourd'hui d'une Revue qui publie régulièrement des numéros intégrant les Actes de chaque Université d'été (www.arches.ro).
Elle est venue également du Centre Eric Weil (EA 2456) qui avait déjà établi depuis plusieurs années de multiples contacts avec l'Europe Centrale et du Sud-Est notamment en République Tchèque, en Croatie, en Slovénie, au Kosovo et, par l'intermédiaire du Centre Inter-Universitaire de Dubrovnik, avec l'ensemble des pays de la région. Il était en relations suivies avec l'Association Jan Hus (coopération entre la France, d'une part, la République Tchèque et la Slovaquie, d'autre part).
En 2001, l'Université Charles de Gaulle-Lille III, par l'intermédiaire du Département de philosophie et du Centre Eric Weil, a fait rebondir cette initiative en constituant un véritable réseau francophone de recherche et de formation à la recherche en sciences humaines et sociales. Ce réseau comprend à présent une quinzaine de pays d'Europe centrale et du Sud-Est : Albanie, Bosnie-Herzégovine, Bulgarie, Croatie, Grèce, Hongrie, Macédoine, Moldavie, République Tchèque, Roumanie, Slovaquie, Slovénie, Yougoslavie (Kosovo, Monténégro, Serbie). La Pologne a manifesté son désir d'y participer.
Ce réseau a été fondé lors de l'université européenne d'été du 17 au 19 septembre 2001 qui avait pour thème : « la Responsabilité. Droit et société, morale et politique. » Il s'est stabilisé et élargi grâce au travail mené à l'université européenne d'été de Dubrovnik du 8 au 17 septembre 2002, sur le thème : « Droits de l'homme et civilisations » qui a connu un très grand succès.
Il bénéficie du soutien financier de l'Agence Universitaire de la Francophonie, et sont en cours des projets de connexion avec un réseau intitulé « État de droit saisi par la Philosophie » également soutenu financièrement par cette Agence. Par ailleurs, il est articulé avec un projet COCOP financé par le Ministère des Affaires Étrangères et qui permet la tenue de séminaires régionaux préparant chaque nouvelle université européenne d'été.
Il prend appui sur un projet COCOP (coopération avec l'Europe Centrale et du Sud-Est). Ce projet, élaboré en collaboration avec l'Ambassade de France en Croatie (Zagreb), a été agréé par le Ministère des Affaires Étrangères en avril 2002 et pour une période de trois ans.
Les objectifs poursuivis sont de :
- Renforcer la présence française dans le débat d'idées européen, qui est un élément décisif de la construction et de l'intégration européenne.
- Œuvrer au rapprochement des élites intellectuelles d'Europe centrale et orientale, et tout particulièrement, dans un contexte de sortie de conflit.
- Participer à la constitution d'un espace public européen permettant aux universitaires de l'Ouest (France, Pays Bas, Grande-Bretagne, Belgique) et à ceux de « l'autre Europe » (selon l'expression de Jacques Rupnik) d'élaborer des analyses et des réflexions communes.
- Contribuer au renouvellement des cadres universitaires dans les pays partenaires, par la formation à la recherche de doctorants et des jeunes assistants en poste dans les universités étrangères concernées. Le réseau se donne pour tâche d'aider à l'évolution (parfois à la reconstruction) des institutions universitaires dans les pays d'Europe Centrale et du Sud-Est. Il vise à instaurer un partenariat durable avec une nouvelle génération d'enseignants francophones dans ces pays. Toutefois, ce réseau ne concerne pas seulement les échanges entre la France et les pays d'Europe Centrale et du Sud-Est. Il doit également stimuler la collaboration entre ces pays eux-mêmes, amenés à tisser des liens autour de recherches menées en français ou liées à la culture française.
- Contribuer à la mise en œuvre du réseau européen de formations universitaires, fondé notamment sur la mobilité des chercheurs et des étudiants. Les universités européennes d'été, les publications communes et les traductions, l'accueil en France de doctorants ou d'enseignants préparant une habilitation à diriger des recherches, le développement de diplômes francophones à l'étranger, constituent des exemples de retombées concrètes.
La méthode générale de constitution du réseau est:
- L'organisation d'universités européennes d'été produisant des séminaires régionaux, des échanges d'enseignants et d'étudiants, des co-directions de thèses et l'accueil en France, dans le cadre d'études post-doctorales, d'universitaires des pays concernés. Les universités européennes d'été et les différents séminaires donnent lieu à des publications communes (en français).
- L'extension géographique et disciplinaire du réseau par le biais des universités européennes d'été. Bien évidemment, il ne s'agit pas d'étendre le champ disciplinaire du réseau en définissant à l'avance les problèmes qui seront traités par les historiens, les philologues, les linguistes, les spécialistes du français langue étrangère, les sociologues, les slavisants, etc. Il s'agit de réunir, à l'occasion notamment des Universités Européennes d'Eté, les collègues français et étrangers qui formeront le noyau de coopération dans chaque discipline. Il appartiendra à chacun de ces noyaux, dans le cadre général de collaboration adopté, de définir les problèmes spécifiques qui feront l'objet du travail commun.
- Cette approche est rendue possible par le fait que les universités européennes d'été organisées en philosophie sont envisagées dans un esprit interdisciplinaire. Elles concernent la philosophie dans son dialogue avec les autres sciences humaines et sociales. C'est pourquoi elles constituent un bon point de départ pour l'extension du réseau.