RESEAU « EUROPE CENTRALE ET DU SUD-EST »
DE COOPERATION FRANCOPHONE
EN SCIENCES HUMAINES ET SOCIALES

 

Séminaire « Le témoin dans le texte : entre histoire et biographie »

Zagreb, 21-25 avril 2003

Organisation : Mirna CANIVEZ (Université de Lille 3)
mcanivez@nordnet.fr
et Andrea ZLATAR (Filozofski Fakultet, Zagreb)
andreja.zlatar@zagreb.hinet.hr

 

Le séminaire vise à analyser et à discuter le rapport entre l’expérience directe d’une réalité historique et sociale, qui définit la position du témoin, et le langage qui vise à restituer cette expérience, entre un fait réel et sa présentation dans le discours.

Il s’intéressera aux apports des réflexions menées dans plusieurs disciplines et domaines de recherche, notamment en linguistique textuelle, histoire, philosophie et psycho-sociologie.

Nous proposons d’organiser ces réflexions autour de trois axes de questionnement :

1. Le récit de témoignage envisagé comme récit autobiographiquement certifié.

Le travail développera des problématiques telles que l’objectivation d’une réalité directement éprouvée, la construction de l’image de soi dans le discours, la dimension morale des témoignages des victimes de guerre et des rescapés des camps de la mort, notamment des récits relatifs à la Shoah. On examinera la question de l’ « indicibilité » des expériences extrêmes (le témoin raconte l’impossibilité du récit, comme le suggère Elie Wiesel), en s’interrogeant sur le problème de la réception.

2. Le récit de témoignage envisagé sur le plan de la référence, comme acte susceptible d’établir une relation authentique à l’objet.

On étudiera les moyens linguistiques et rhétoriques d’un « discours vrai », les procédures qui visent à désigner un objet immédiatement accessible, au delà de toute médiation. Ces recherches sont fondamentalement centrées sur la conception du signe. Elles doivent résoudre le conflit entre le caractère d’évidence de la réalité vécue et la nature représentative de la réalité textuelle ou discursive, entre l’immédiateté de l’expérience et son expression linguistique.

3. Le récit de témoignage envisagé sur le plan de la temporalité, là où l’histoire personnelle s’inscrit dans l’histoire collective.

« Gardien de la mémoire et de l’oubli », le témoin s’avère incontournable quand il s’agit d’étudier la question des sources historiques permettant d’établir les faits. Ceux qui travaillent sur l’histoire ou l’anthropologie sont censés définir la place qu’il faut accorder au témoin, aux différents récits de témoignage dans la restitution de la vérité historique et la constitution d’une réalité sociale.

Le travail du séminaire aura lieu sous forme de conférences (deux interventions le matin) et d’ateliers (deux ateliers consécutifs l’après-midi où les étudiants présenteront leurs projets de recherche).