A PROPOS DE
SACRO-SANCTAE SCIENTIAE INDEPINGIBILIS IMAGO
DE CANTEMIR
NOTES SUR LE STYLE ET VOCABULAIRE

Liviu STROIA

Cet article se propose d'analyser quelques traits caractéristiques relevés dans un des ouvrages de jeunesse de Démètre Cantemir, en ce qui concerne son écriture et son style. Cet ouvrage est généralement connu sous le nom de Sacro-Sanctae Scientiae Indepingibilis Imago, mais aussi sous le nom court de Métaphysique, d'après la traduction roumaine de 1928392. Il fut rédigé très probablement avant 1700, à l'époque où l'auteur se trouvait à Constantinople, comme capuchehaia393 de son frère Antiochus, et après la publication de son premier ouvrage littéraire, qui était Divanul sau gîlceava înteleptului cu lumea (1698). L'auteur avait alors environ vingt-sept ans et il était déjà en possession du bon et riche latin pour lequel il est si fameux.

Il faut premièrement ajouter quelques données sur la vie de Cantemir, aussi bien que sur son œuvre, qui puissent éclairer les pages qui suivent.

Démètre Cantemir (1673 - 1723) était né à Silisteni, région de Falciu, dans une famille de boyards roumains. Il commence à étudier avec son maître Cacavélas, un prêtre grec394, aussi bien les langues étrangères, comme le latin, le grec et le russe, que les lettres, l'histoire et la philosophie, bref toutes les sciences humaines qui pouvaient contribuer à la formation d'un intellectuel. Le père, Constantin, qui était souverain de la Moldavie depuis 1685, encourage et soutient les études de son fils, comme celui-ci le mentionne souvent dans ses écrits : e.g. singulis fere diebus ter quaterque Musaeum nostrum... uisitare non grauaretur (« il n'hésitait pas à nous rendre visite dans notre étude presque tous les jours trois et même quatre fois »). Entre 1688 et 1710 il vit à plusieurs reprises à Constantinople. Après la mort de son père en 1693, il est élu souverain de la Moldavie, mais il n'est pas confirmé par les Ottomans, qui lui préfèrent Constantin Duca, le prétendant soutenu par Constantin Brîncoveanu, le souverain de la Valachie. Pendant ses séjours à Constantinople, Cantemir, qui, au moment où son frère est nommé, en 1695, souverain de la Moldavie, devient son représentant à La Porte, étudie avec les professeurs les plus fameux qui s'y trouvent. Il ne devient souverain de la Moldavie qu'en 1710, mais il signe en même temps un traité secret avec Pierre le Grand (1711), essayant d'obtenir l'émancipation de son pays par rapport aux Ottomans. Après la défaite de l'armée russo-moldave à Stanilesti sur le fleuve Prut (à l'Est de la Moldavie), Cantemir réussit à s'échapper et à s'enfuir en Russie, à la Cour de Pierre le Grand (1672-1725), avec sa famille et 4.000 de ses compagnons moldaves, parmi lesquels le chroniqueur Ion Neculce. À partir de ce moment-là, il travaille comme conseiller du Tzar et reste en Russie jusqu'à la fin de sa vie en 1723, lorsqu'il meurt sur son domaine Dimitrievska.

Les ouvrages les plus connus de Cantemir sont L'Histoire de l'Empire Ottoman, écrit en latin entre 1714 et 1716, puis traduit en anglais, français, allemand, et Descriptio Moldauiae, écrit aussi en latin. Il était membre de l'Académie de Berlin.

Sacro-Sanctae Scientiae..., qui intéresse notre article, a été conçu en deux parties, dont seule la première à été rédigée. Cette première partie est elle-même divisée en six livres :

- le premier traite de l'épistémologie, soutenant qu'on ne peut arriver à la vraie connaissance par la raison ou par les sens, mais seulement par la révélation divine, c'est-à-dire par contact direct et révélateur avec Dieu ;

- le second traite de la physique, de la structure et de l'origine de la matière et est évidemment tributaire de la philosophie de van Helmont ;

- le troisième expose le processus de la création ;

- le quatrième est sur le temps ;

- le cinquième traite des uniuersalia ;

- le sixième, qui est aussi le dernier, est une introduction à l'éthique.

Ce sont le contexte philosophique et les idées développées par Cantermir lorsqu'il traite par exemple de l'épistémologie, qui frappent en premier lieu le lecteur. Mais après que celui-ci a parcouru les premières pages, il est amené à faire des remarques sur la terminologie de l'auteur, qui s'avère très élaborée, utilisant souvent des chaînes synonymiques et des allégories. Les phrases deviennent de plus en plus compliquées et les correspondances logiques entre le commencement, le milieu et la fin d'un paragraphe ne sont pas aussitôt visibles, en raison de son style quelquefois considéré comme baroque. Il faut toujours interpréter les jeux de mots et sa rhétorique qui parle en figures.

Cette observation a été le point de départ de mon intérêt pour le style et le vocabulaire de Cantemir, en considérant toujours que l'analyse de son écriture très élaborée peut aider à ébaucher une image plus complète de son œuvre latine, par une bonne coopération entre l'approche philologique et l'approche philosophique, qui s'avère toujours indispensable.

C'est pour exemplifier la manière dont le Sacro-Sanctae Scientiae... a été écrit que j'ai choisi la Lettre introductive, c'est-à-dire la préface, conçue par l'auteur comme une unité quasi-indépendante à l'intérieur de l'ouvrage. Il s'agit d'un texte d'environ sept pages manuscrites395, dans lequel Cantemir explique les raisons pour lesquelles il a pris la décision de peindre l'image qui ne peut être peinte de la Science Sacrée, ce qui est bien sûr un paradoxe, mais aussi une métaphore filée aussi bien dans la Lettre que dans le reste du texte.

A l'instar des auteurs classiques, qui avaient la bonne habitude de dédier leurs écrits à quelqu'un, en général à leurs protecteurs ou à leurs amis, Cantemir dédicace le sien à son professeur, Jérémie Cacavélas, comme pour le prendre comme témoin de ses progrès dans la vraie philosophie. Les tropes qu'il utilise pour décrire les commencements de ses études avec son maître sont déjà abondants, comme par exemple les litotes qui parsèment le récit : f. Iv -- flagrantissimo haud quiescere desiderio ; Musaeum nostrum uisitare non grauaretur ; non minus quam Aegyptiae longiquitati ; f. IIr -- non minus quam captiuitati traditur ; f. IIv -- non mediocris solicitatio.

Suit la mention de son père, Constantin Cantemir, qui est comparé à Jacob396 (f. Iv -- Iacobus meus), une allégorie qui donne l'occasion à Démètre de se représenter lui-même comme Joseph, le fils de Jacob397. Dans la description du père, l'utilisation des superlatifs, que l'auteur affectionne, devient abondante : Principe Piissimo atque Christianissimo. Plus loin, son frère est nommé dulcissimo fratre, la quies est profundissima, le desiderium est flagrantissimum, les curae sont grauissimae et pene innumerae, ses privations sont ponderosissimum, sa Patria est gratissima, l'intellectus est tranquillissimus, la mens est simplicissima, etc.

L'auteur fait souvent usage de plus d'un terme, voir même d'une série synonymique, ordonnée quelquefois selon un climax, pour désigner soit un objet soit un concept, ou bien pour en décrire les qualités et les traits caractéristiques. Lorsqu'il parle, par exemple, de son maître Cacavélas, dont il avait été séparé de force, « son Joseph à lui est envoyé du fait de la perfidie, certes non de ses frères, mais de ses amis », il l'appelle aussi bien Praeceptor que Institutor.

Puis, pour retracer l'histoire de ses déboires passés, il les qualifie, après l'emploi du quae neutre, de l'épithète incommoda, immédiatement suivi d'une anaphore de quatre termes, bâtie selon un climax qui atteint l'apogée par la désignation de Cacavélas : priuor fratribus et suroribus, priuor necessariis et domesticis, priuor denique paternis possessionibus et... priuor Te (f. IIr). On poursuit les incommoda par uicissitudinum ; discrimina ; extremis discriminibus. Qui plus est, chaque terme de cette série est développé à l'aide de déterminations très suggestives, susceptibles d'identifier plus précisément les éléments déterminés : grauiora et multo intollerabilia, quod omnium ponderosissimum et quo grauius nihil considerari poterat ; contraria, acerba, effraena atque indomita. Le fragment finit par un nouveau climax, où l'on doit remarquer aussi la figure étymologique autour du discrimen : f. IIr -- acerba, effraena atque indomita discrimina ; depopulor, spolior et extremis discriminibus periclitor.

Le fragment suivant est également structuré à la façon d'un climax, et même à deux reprises, lorsqu'il est question de la récupération de toutes les possessions perdues, qui ne s'est pas faite sans différentes difficultés, premièrement politiques : assidui labores, inquieta uigilantia, non mediocris solicitatio, diuturna et turbulenta animi exagitatio ; secondement domestiques : obstringor, distrahor, opprimor (f. IIv).

Et c'est seulement tard que notre auteur retourne enfin à la philosophie, sero tandem, ruptim raptimque (f. IIv, à noter l'allitération en -t-), dans cet état contraire des choses présenté antérieurement, et prend la décision de visiter encore une fois les bons auteurs, païens naturellement, qu'il avait étudiés autrefois avec son maître, avec le dessein de démêler le vrai et le faux dans leurs théories. Il constate amèrement la banalité des sujets propres à la grammaire, à la rhétorique, à la logique et à la physique, des sciences qui ne sont pas capables d'approfondir des questions fondamentales, mais seulement de répandre sur l'âme des phantastica somnia et imaginaria spectra. Le style employé ici est particulièrement marqué de l'oralité, car Cantemir prend deux fois Cacavélas comme témoin : d'abord, pour finir le rapport de sa malheureuse situation : et quid plura Tibi connumerem, cum Te fere in omnibus testem habuerim oculatum ?, puis, pour obtenir la confirmation et l'appui pour ses conclusions sur l'ars liberalis : ...ut uides... L'ancien maître est le juge et l'arbitre pour lequel l'élève téméraire écrit et, en même temps, la seule autorité susceptible de valider ses théories. C'est pour cette raison que l'auteur s'adresse à Cacavélas plusieurs fois dans ce chapitre d'introduction : meministi, Pater Reuerende ; nosti ; legas perlegasque ; iudices ; feras ; demitte ; comitto ; dimitte ; remitte ; transmitte.

Le chercheur est convaincu que « la vérité des sciences diverses est la même, simple et uniforme », et il commence « à secouer une nouvelle fois les livres poussiéreux, à essuyer de nouveau les pages recouvertes de toiles d'araignée, à reprendre en main à neuf les auteurs de la science païenne et à réviser avec un soin scrupuleux et tendu les préceptes des philosophes réputés ». Les images sont très frappantes, et l'insistance sur l'effort de relire tous ces ouvrages est extrêmement visible, car l'auteur le souligne chaque fois qu'il en a l'occasion : denuo, iterum, de nuouo, resumuntur, retractantur398. Au bout de ses peines, il découvre avec amertume, et il prétend être très honnête en le disant -- fateor ueritatem -- que ces philosophes ne s'occupent que du titre des sciences et du nom de la vérité, mais non de la scientiae simplicem ueritatem et ueram simplicitatem. Cette conclusion est composée selon une symétrie presque parfaite, parce qu'on y met toujours le génitif avant le déterminé : scientiarum titulum, ueritatis nomen, scientiae ueritatem et simplicitatem, sauf que dans la seconde partie de la phrase, introduite par la forte opposition autem, soulignée par le couple mire -- minime399, scientiae a deux déterminés proprement-dits, simplicem ueritatem et ueram simplicitatem, dans une belle figure rhétorique qui valorise ce qu'on peut opposer à ce que ces philosophes analysent faussement. Le contexte est tellement éclairant qu'on réalise l'importance de ce que doit être l'objet d'étude d'une vraie philosophie, et d'après la façon même de le suggérer on peut penser déjà au titre du traité qui va suivre, Sacro-Sanctae Scientiae Indepingibilis Imago, lui aussi difficile à interpréter.

Frappé par cette constatation sur la fausseté de la philosophie païenne, l'auteur tombe dans un état de désespoir qui est rapporté à l'aide d'une succession de verbes très chargés : obstupesco, contremisco, haesito, perplexor, confundor, erubesco, minime ualeo.

Partant, comme il dit, d'une chose absurde, absurdum, vers des choses encore plus absurdes, absurdiora, il se lance dans une entreprise tout aussi absurde, qui serait d'employer la peinture, dans laquelle il n'avait aucune connaissance, pour peindre l'indepingibilis imago. Nous avons affaire ici à une agglomération d'oxymorons, qui commence par des oxymorons de contenu : artis pictoriae cum nec semilineam delineare cognoscerem, pictoriam exercere minus prudenter totis prae[s]sumo uiribus, et ueritatis effigiem... enormi non desisto audacitate, pour continuer par un oxymoron rhétorique : indepingibilem depingere (f. IIIv).

Les propositions qui suivent, généralement courtes, sont extrêmement alertes, témoignant de l'agitation d'auteur. Les verbes sont fréquents : Quid sequitur ? Frustratus, ut patet, labor. Quid consequor ? (f. IIIv) et l'Intellect se manifeste comme sur un champ de bataille : Intellectus receptui canit, en se retirant de cette situation dramatique. Il réprouve l'opinion réprouvable, improbam reprobat sententiam (f. IIIv) et adhère à la vérité simple.

La conclusion s'impose d'elle-même : scientiae sensitiuae ualedicendum ; sensitiuos scientificos aufugiendos ; rationales adinuentiones repellendas ; cerebro partas Mineruas, ut abortiuas, humi sepeliendas, ut intellectus degeneres, ueritatis possessione exhaeredandas, et omni uerae scientiae habitu expoliandas esse (f. IVr). Il n'y a pas à hésiter : il faut lutter contre le faux. Et les images qui suivent sont vraiment des images de guerre, très vives et alertes, quelquefois au superlatif : desiderium flagrantius affectat et ipsa simplicissima mens... feruentissime orat (f. IVr). Les jeux de mots et les figurae etymologicae amplifient le dramatisme : desunt uires, absunt facultates, et, si quae sunt, obsunt, instantibus rationalitatis impedimentis, et impedientibus sensualitatis opacitatibus ; quem non per se, non ex se, non denique a se quicquam uerum, bonum atque perfectum inquirere, acquirere ac obtinere posse docent (f. IVr). À la fin, l'intellect se consacre à la Science Sacrée, en totalité : totum, humillime, deuote. C'est la victoire totale, absolue et toujours superlative. Il ne cherche rien de plus, ne désire rien de mieux, mais, s'y tenant avec simplicité, cultive intellectuellement et vénère spirituellement la vérité très simple : nil ultra quaerit, nihil melius appetit, sed simplicissimam ueritatem simpliciter amplectendo intellectualiter colit, et spiritualiter adorat (f. IVv).

Un dernier mot sur la capacité surprenante de l'auteur de manier de façon désinvolte différents procédés de création de mots nouveaux, tant par dérivation suffixale400 que par composition par préfixes, à résultats toujours surprenants, surtout lorsqu'ils sont associés à des allitérations. Prenons la dernière phrase de la Praefatio, la requête adressée à Cacavélas, où Cantemir semble avoir essayé d'épuiser tous les composés du verbe mittere, qu'il dérive de presque toutes les manières acceptées par le latin, généralement accompagnés par des déterminants contenant la nasale sourde, en consonance avec le thème du présent du verbe déterminé : Sacrae Scientiae Tomum praemitto, legas perlegasque admitto, iudices401 submitto, sententiam feras permitto, quod Tibi, idem mihi ratum fore promitto, quod402 omitto demitte, et, si in totum errorem comitto, dimitte, et correctum quantocytus remitte, atque transmitte.403 (f. IVv)

Cette prouesse stylistique clôt la lettre à Cacavélas, introduisant le traité, mais représente en même temps une invitation adressée à tous les lecteurs de parcourir les pages qui suivent à cœur ouvert. Le philologue a gagné déjà une première impression sur le style de l'auteur et aussi le sentiment qu'une analyse détaillée de l'ensemble s'impose, analyse qui doit aussi tenir compte du paysage culturel de l'époque.


392 D. Cantemir, Metafizica, traduit par N. Locusteanu, préface par Em. C. Grigoras, Editions " Ancora ", coll. " Biblioteca Universala ", Bucarest, 1928. Une édition critique de ce texte (par Dan Slusanschi), ainsi qu'une nouvelle traduction en roumain (par l'auteur de cet article) et en français (par Vlad Alexandrescu) sont actuellement en chantier, dans le cadre d'un projet mené par le Centre de recherches " Fondements de la Modernité Européenne " de l'Université de Bucarest. Les citations en français du texte dans le présent article proviennent de cette traduction. Vlad Alexandrescu a découvert deux composants inconnus et inédits du manuscrit du Sacro-sanctae scientiae indepingibilis imago : voir son article : Un manuscrit inédit et inconnu de Démètre Cantemir. L'Épître dédicatoire du traité Sacro-sanctae scientiae indepingibilis imago, in ARCHAEVS. Études d'histoire des religions, VII (2003), 3-4, p. 245-269.
393 Le capuchehaia était l'ambasadeur de la Moldavie à la Porte.
394 Jérémie Cacavélas était originaire de Crète et avait étudié les lettres à Leipzig avec l'helléniste Ioannes Olearius, puis la théologie à Vienne. En Moldavie, il est nommé en 1670 professeur de grec à la Cour. Cf. P.P. Panaitescu, Dimitrie Cantemir. Viata si opera, Editura Academiei, 1958, p. 38.
395 Une copie sur microfilm du manuscrit écrit très probablement par Cantemir lui même se trouve dans la Bibliothèque de l'Académie Roumaine, tandis que l'original se trouve dans les Archives de Russie. J'ai suivie la numérotation de folios manuscrits en ajoutant pour chacun d'eux l'indication : r pour recto ou v pour verso.
396 Dans l'Ancien Testament, le fils d'Isaac et le petit-fils d'Abraham. Ses douze fils sont les douze précurseurs des douze tribus d'Israël.
397 Dans l'Ancien Testament, le fils aîné de Jacob et Rachel et l'ancêtre de l'une des tribus d'Israël.
398 " puluerosi denuo discutiuntur codices, aranearum telis obductae iterum absterguntur paginae, Ethnicae Scientiae de novo prae manibus resumuntur authores et placita philosophorum titulo decoratorum enixa retractantur diligentia. " (f. IIIr)
399 Il n'est probablement pas dépourvu d'importance que l'auteur a choisi deux mots ayant une telle consonance.
400 Comme exagitatio animi plus haut.
401 Dans iudices il y a aussi une dentale, mais c'est la sonore.
402 V. la note précédente.
403 Allitération amplifiée par le suffixe.