COMMUNAUTÉS DE PAIX ET CONFLIT ARMÉ

Bernardo CORREA LÓPEZ1

RÉSUMÉ

Depuis déjà plus de quarante années, la Colombie vit une situation de conflit interne armé. À la présence de la guérilla de gauche on ajoute, depuis 1982, celle des groupes appelés d’auto-défense, c’est-à-dire d’organisations de droite qui cherchent, maintes fois avec l’appui de l’Armée Nationale, faire face militairement à la guérilla, spécialement dans ces zones où la présence de l’État est faible ou presque nulle. Malgré ses différences idéologiques et politiques radicales,guérilla et auto-défenses ont plusieurs points en commun. Le plus notoire est que toutes les deux ont leur source plus grande de financement dans des activités délictueuses, en particulier dans la culture, traitement et exportation de drogues illicites, activité celle-ci qui, comme est su, est inséparable de l’utilisation systématique de la violence. C’est dans ce contexte – un contexte de violations continues aux droits humains et au droit international humanitaire – où sont apparues celles appelées « Communautés de paix ». Il s’agit, comme son nom l’indique, de Communautés qui cherchent à être maintenues à la marge du conflit, ce qui les place dans une situation paradoxale par rapport au droit : celle d’être simultanément incluses et exclues.

Nous sommes un peuple qui a grandi avec la douleur et cela constitue déjà une partie de notre identité. Nos rêves et espoirs se résument ainsi : vivre en paix, chez nous, dignement.

Communautés de paix du Choco

I

Le 20 et le 21 février de cette année, trois enfants et deux adultes ont été assassinés à San José d’Apartado (sur la côte nord de la Colombie). Les enfants avaient dix-huit mois, six et onze ans, respectivement. Les corps, même ceux des enfants, avaient été mutilés à coups de machette. Les adultes avaient été vraisemblablement torturés avant leur exécution. L’une des victimes a été Luis Eduardo Guerra, leader de la communauté de paix de San José d’Apartado. Après avoir été obligé d’abandonner cette région, car sa première épouse avait été assassinée, Guerra était revenu l’année d’avant dans son terroir où, outre des activités agricoles, il avait la fonction de chef de cette petite communauté.

La communauté a immédiatement déclaré comme responsables du massacre les membres de la onzième et dix-septième garnison de l’armée nationale. Cette version a été soutenue par le prêtre jésuite

Professeur au Département de Philosophie de l’Université Nationale de Colombie (Bogotá). Ancien Directeur de Programme au Collège International de Philosophie. Co-Directeur de la revue À la Marge. Membre du comité de coordination du réseau de chercheurs « L’état de droit saisi par la philosophie », de l’Agence universitaire de la Francophonie.

Javier Giraldo et par Gloria Cuartas, ancienne maire d’Apartado, qui l’ont publiquement ratifiée devant le congrès. L’armée, quant à elle, a affirmé que le massacre avait été commis par le cinquième front des FARC. D’après une autre version, que les paysans attribuent à l’armée, les responsables auraient été les paramilitaires qui opèrent dans cette région. La commission désignée par la « Fiscalía », l’organisme accusateur du système judiciaire, n’a pas été accueillie par la communauté. Lorsque le gouvernement a tenté de forcer l’accès de cette commission, la communauté a abandonné la région et a commencé à construire une autre peuplade pas très loin de l’endroit où le massacre avait eu lieu. Jusqu’à présent l’on ne connaît aucun résultat des enquêtes. En attendant, la communauté accuse le gouvernement d’agression et celui-ci (qui n’a jamais condamné publiquement le massacre) continue d’affirmer, par le biais du Président de la République et de son Ministre de la Défense, que ce sont là des calomnies et que les communautés de paix constituent en réalité l’arrière-garde déguisée de la guérilla. Les intellectuels et les organismes internationaux, quant à eux, ont jugé sévèrement le fait que le gouvernement ait accusé la communauté de collaborer avec la guérilla, sans fournir aucune preuve justifiant cette affirmation. Quoi qu’il en soit, avec ces huit victimes, ce sont déjà 152 membres de la communauté de paix de San José d’Apartado qui ont été assassinés.

Avant de continuer avec l’examen de ce cas particulier, il convient de dire qu’il y a un mois à peine que les guérillas des FARC ont attaqué pendant plusieurs jours de suite le village indigène de Toribio, dans le sud du pays. Le fait que la guérilla ait averti la population de cette attaque et que les conséquences de celle-ci n’aient été que des dégâts matériels, outre bien sÀr l’incertitude que produit le fait d’être sous le feu croisé, ne doit pas nous faire oublier qu’il s’agit là d’une autre communauté de paix qui avait aussi déclaré sa volonté de rester en marge du conflit armé. La conséquence de cette attaque a été que dans les derniers jours au moins 200 indigènes ont été arrêtés sous l’accusation d’être des collaborateurs de la guérilla.

II

Les communautés de paix sont un phénomène récent. La plupart d’entre elles, comme celle de San José, ont été organisées en tant que telles en 1997. Cela leur fait donc juste huit ans d’existence, dans un pays qui connaît un conflit armé interne depuis plus de 40 ans. Elles ont été crées 15 ans après la constitution des autodéfenses, c’est-à-dire des groupes qui, par l’initiative des propriétaires terriens, des éleveurs, des commerçants, des agriculteurs et des politiciens locaux ont été organisés en vue de s’opposer militairement à la guérilla et de récupérer les zones où elle avait de l’influence. La guérilla et les paramilitaires se financent notamment par la drogue, soit en gardant les cultures des narcotrafiquants, soit en maniant la drogue tout au long de son processus de production, dès la culture jusqu’à l’exportation. Cette source incroyable d’argent est arrondie par la pratique de l’enlèvement (notamment de la part de la guérilla) et par l’extorsion. Ces deux organisations armées sont par ailleurs les responsables de massacres et de déplacements massifs de population rurale. Ainsi, d’après le bureau du Défenseur du peuple et l’Observatoire des droits de l’homme de la Vice-présidence de la République, les autodéfenses sont responsables de la plupart des massacres commis entre janvier 1994 et décembre 2004 (1968 massacres avec 10 174 victimes), des disparitions (6370), et des déplacements forcés, qui ont déjà atteint le chiffre terrifiant de 3 252 806 personnes déplacées.

Les conditions dans lesquelles sont nées les communautés de paix ne sauraient donc être plus difficiles et dramatiques. L’histoire de la plupart d’entre elles est assez similaire : victimes des agressions continues et objet de massacres de part et d’autre (sans exclure l’armée qui a agi souvent en accord avec les paramilitaires ou a rendu faciles leurs actions), elles sont obligées de se déplacer. Quelques mois après, suite à une négociation avec le gouvernement concernant les conditions de leur retour, elles rentrent et décident que la seule possibilité de se conserver en vie et de garder leurs terres est de se déclarer neutres face au conflit. Mais comment faire valoir une déclaration de neutralité lorsque toutes les communautés (qui se situent dans des zones en guerre et qui ont subi au cours du conflit l’influence de chaque groupe armé tour à tour) sont suspectées d’appuyer « les autres », l’ennemi ? Il est clair par ailleurs que dans ces communautés il y a toujours eu des informateurs ou des sympathisants de l’un ou de l’autre groupe. Ecoutons à ce propos un témoignage qui éclaircie bien cette situation :

Lorsque tous les acteurs armés se sont réunis dans la zone, nous ne savions pas lequel allait nous attaquer et pourquoi. Les paramilitaires ont réussi à s’emparer du village de Riosucio et à cause de ça la guérilla a été forcée de se cacher dans la montagne. Le secteur de la population qui appartenait à cette zone est resté tout entier au milieu de ces deux ennemis […] certains des nôtres ont dÀ prendre parti. De cette façon, celui qui avait été maltraité par la guérilla, rempli de ressentiment et de peine, accusait le voisin avec qui il avait des problèmes auprès des paramilitaires par simple vengeance, créant ainsi un partisan de la guérilla et un autre des paramilitaires, au gré de sa convenance personnelle […] Face à cette confusion, la guérilla et les paramilitaires ont été convaincus que si quelqu’un n’appartenait pas à son groupe, il appartenait à l’autre, et ils ont commencé à tuer des paysans qui n’avaient rien à voir avec aucun groupe. Il était clair pour nous qu’aucun des deux groupes ne cherchait à nous protéger, car ils étaient en train de nous tuer tous les deux. L’armée, qui est censée respecter les droits de tous les Colombiens, était entièrement liée aux paramilitaires et il lui arrivait aussi de tuer, de faire disparaître ou d’intimider notre population. Le rôle que nous ont fait jouer les acteurs armés a été celui d’informateurs; ils nous obligeaient chacun à leur tour à leur donner des renseignements sur leur ennemi.2

Tout cela est toujours accompagné de blocus économique, de contrôle des denrées et des médicaments qui circulent parmi la population, d’extorsion, de recrutement forcé, jusqu’à ce que le déplacement se produise à nouveau, généralement précédé par un massacre ou par une série de disparitions sélectives. C’est dans ce contexte où, lorsqu’elles naissent, les communautés de paix assument le plus audacieux des paris : celui de faire respecter leur droit à ne pas être impliquées, par aucun des acteurs, dans le conflit armé.

De quelle façon les communautés de paix se perçoivent-elles ? Elles se définissent comme « un principe de distinction de la société civile qui ne participe pas au conflit armé, c’est-à-dire que nous avons fait un choix de vie afin de défendre et de lutter pour notre autonomie en tant que peuples souverains avec des principes, des règles et une dynamique communautaire. Nous devons défendre constamment notre vie et la construction de la paix au milieu de la violence, qui est la réalité qu’il nous a fallu supporter. Ce que nous cherchons c’est de pouvoir rester dans nos lieux d’origine et de rester en vie ».3 « Le déplacement, affirment-ils, a développé notre discipline en vue du bien commun ». Cette déclaration s’accompagne d’une série d’engagements explicites dont chacun des membres de la communauté est responsable. D’abord, « ne pas participer directement ou indirectement à la guerre ». Cela veut dire : ne pas s’impliquer avec aucun des acteurs armés ; ne pas porter d’armes ; ne pas fournir de l’aide tactique, logistique ou stratégique à aucun des groupes en conflit ; ne pas leur fournir des renseignements ; ne pas les utiliser pour résoudre des différends internes. Il y a aussi l’engagement de soigner l’habitat naturel et de ne pas se lier à la culture de la drogue.Tout cela est encadré dans le respect de la Constitution nationale, des Droits de l’homme et du Droit international humanitaire.

III

En accord avec ces principes et ces engagements, les communautés de paix défendent une solution négociée au conflit armé. Celle-ci est l’une des raisons mettant en évidence, aux yeux de leurs adversaires, une alliance entre elles et la guérilla. Et s’il en est ainsi, c’est parce que, alors que dans le congrès on est en train de discuter un projet de loi permettant de mener à bon terme un processus de paix avec les

2 Comunidades de Paz, Equipo CINEP-Urabá, Comunidades de Paz San Francisco de Asís, Nuestra Señora del Carmen y Natividad de María, Chocó, Colombia. CINEP, Bogotá, 2001, p. 8. 3 Ibidem, p. 28.

paramilitaires (en leur arrangeant en fait un cadre juridique pouvant leur convenir à la perfection), il y a une vaste opération militaire, appelée le Plan Patriote, qui se développe en ce moment contre la guérilla. Cette opération fait par ailleurs partie de ce que le gouvernement a nommé la Politique de sécurité démocratique. Si, donc, avec les paramilitaires on a pu entamer un dialogue, avec la guérilla il n’a même pas été encore possible de se mettre d’accord sur l’échange humanitaire de kidnappés et de prisonniers.

Parlant des communautés de paix, un ancien ministre de la justice et de l’intérieur affirme ironiquement : « elles sont un effort émouvant des petits gens décidés à déterrer tous les groupes en conflit, armés uniquement de leur pouvoir moral ». Il les qualifie ensuite de « centre de vacances des guérilleros fatigués, lieu de ravitaillement et point stratégique d’un nouveau assaut à l’Uraba ».4 Plus direct encore, l’ancien directeur de l’Université militaire affirme : « pourvu que l’on profite des faits douloureux de San José d’Apartado pour mettre fin à cette mascarade ridicule qui constitue un point d’appui du processus terroriste et subversif en Colombie ». Plus haut, il conclut : « les communautés de paix ou noyaux de résistance civile, tels qu’ils ont été crées dans les zones en conflit, font partie d’un programme de diversification des formes de lutte. Ils donnent un coup de main aux narco-terroristes, notamment en faisant barrage à l’action de l’État ».5

D’autres critiques, plus subtiles et élaborés, se posent la question de savoir si, dans les circonstances actuelles, l’on peut effectivement défendre en Colombie, de façon légitime, la neutralité face au conflit. Pour Andrés López Restrepo, chercheur du IEPRI (Institut d’études politiques et de relations internationales de l’Université nationale), si les choix à faire ne sont pas également néfastes et négatifs, il faut opter pour le moins mauvais, d’autant plus que sa différence par rapport aux autres choix possibles est manifestement positive.Voilà pourquoi, d’après lui, « la neutralité n’est justifiable que face à des options également sinistres. Celui qui se déclare neutre annonce en fait, avec sa passivité, qu’il considère les choix auxquels il fait face et leurs résultats comme indifférents. Dans le cas colombien, ceux qui se déclarent neutres face au conflit soutiennent que les forces armées de l’État et les groupes armés illégaux sont équivalents d’un point de vue éthique. Or cela est inadmissible, car les forces armées représentent et protègent un État démocratique, aussi limité soit-il, alors que les groupes armés illégaux cherchent à détruire la démocratie avec leurs armes ».6 Or il ne s’agit pas non plus, pour López, d’une solidarité aveugle avec les forces armées, mais de rappeler leur cause « tout en blâmant énergiquement leurs abus de pouvoir ».

IV

Depuis le 17 décembre 1997, la Commission interaméricaine des droits de l’homme a demandé l’adoption de mesures de protection pour la communauté de paix de San José d’Apartado, suite à l’assassinat de quarante trois de ses membres l’année même de sa création. Deux personnes par ailleurs avaient été portées disparues, cette même année, très près de la base militaire de la garnison XVII. Depuis, la Commission a souvent réitéré au gouvernement en place l’exigence d’une protection spéciale pour cette communauté vulnérable. La question que plusieurs de ses critiques se posent est celle de savoir pourquoi la communauté de San José fait appel à la justice internationale, alors qu’elle refuse d’accueillir, comme on vient de le voir, les membres de l’organisme accusateur de l’État colombien et les policiers qui les accompagnent dont la visite n’avait d’autre propos que d’établir les faits afin d’élucider le massacre. Sa conduite serait donc contradictoire, car elle exige l’application du droit et demande la protection de l’État, tout en rejetant la présence (et, à plus forte raison, la permanence) des autorités officielles dans son sein.

4 Fernando Londoño, « San José de Apartadó », in El Tiempo, 14 mars 2005. 5 Adolfo Clavijo, « ┬┐Comunidades de Paz? », in Semana, no. 1194, 17 mars 2005. 6 Andrés López Restrepo, « Neutralidad y Conflicto », in El Espectador, 15-21 mai 2005.

Cette attitude ambivalente face à l’État est facile à comprendre et à justifier. La méfiance naît de la ratification constante du fait que les crimes et les agressions dont ils ont été les victimes restent impunis : pour les 152 membres assassinés il n’y a que deux détenus. S’ils font appel à la justice internationale c’est parce que les pactes que l’État colombien a signés l’obligent au respect et à la reconnaissance des droits fondamentaux. En plus, parce que le contrôle des organisations internationales peut leur permettre d’avoir la certitude qu’ils n’ont pas été totalement abandonnés à leur sort. En ce sens, il est évident que le fait d’avoir confiance dans le droit leur est vital. Par ailleurs, le refus d’accepter dans son sein la police ou, à plus forte raison, une garnison militaire, obéit à un principe de sécurité et de cohérence : ce faisant, ils violeraient la neutralité qui les définit et, très certainement, termineraient par vivre avec leurs victimaires.

C’est cette attitude que le gouvernement à son tour refuse d’accepter, en appelant à deux arguments. D’après le premier argument, la présence des forces de l’ordre ne peut pas être interdite où que ce soit dans le territoire national. Accepter cela reviendrait à accepter, d’après eux, la délégitimation de l’État et, par conséquent, la perte de sa souveraineté. D’après le second argument (qui est central pour le gouvernement actuel et sa politique de sécurité démocratique), en Colombie il n’y a pas de conflit interne armé mais une démocratie légitime qui est attaquée par des groupes terroristes. Cette thèse, répétée incessamment par le Président et le Commissionné pour la paix, a des fortes conséquences politiques et juridiques qui concernent non seulement la notion de crime politique mais aussi, en particulier, la façon dont les communautés de paix doivent être considérées et traitées.Voyons cela.

L’effet le plus visible de nommer le conflit armé interne « série d’actes terroristes » est d’effacer la notion de délit politique et, ce faisant, de limiter fortement les contrôles juridiques reconnus internationalement sur les actions de l’État. Ainsi, on ne parlera plus dorénavant de « faits de guerre », qui sont évalués par la cour de la Haie et les accords de Genève, mais d’« attaques terroristes ». En même temps, la figure du dissident et la distinction entre combattant et non-combattant sont abolies. Le dissident sera en effet traité comme un ennemi ou comme un délinquant et toute position qui se déclare neutre sera soupçonnée de collaborer avec le terrorisme : c’est la logique du « si tu n’es pas avec moi, tu es contre moi » qui s’impose. On peut voir alors, comme certains commentateurs l’ont déjà remarqué, qu’avec cet usage de la distinction démocratie/terrorisme le gouvernement colombien ne fait que s’aligner sur les positions politiques de Washington (dont il a été l’allié par ailleurs lors de l’invasion en Irak). Les conséquences ne se font pas attendre : des détentions massives à caractère préventif, le soutient à la conformation de chaînes d’informateurs qui, afin de toucher la récompense, trouvent toujours des « ennemis » à dénoncer, la création des dites « zones de sécurité » où, sans le reconnaître ouvertement, on met entre parenthèses toutes les garanties juridiques.

On comprend maintenant pourquoi, dans le contexte qu’on vient d’ébaucher, les communautés de paix sont vues par le gouvernement comme un défi à sa politique de sécurité démocratique. Les communautés de paix sont l’affirmation de la désobéissance civile, tant face à l’État (à qui elles exigent l’accomplissement de ses obligations constitutionnelles, mais de qui elles se méfient) que face aux autres acteurs du conflit armée interne. La présence obstinée de ces communautés dans les zones de conflit est une exigence de l’application du droit international humanitaire, ce qui, bien évidemment, va totalement à l’encontre de la notion d’agression terroriste, notion qui constitue, comme l’on a déjà signalé, la colonne vertébrale de la politique de guerre du gouvernement. On les accuse d’ambiguïté et même d’indifférence, mais elles, qui connaissent de très près l’horreur d’une guerre depuis longtemps détériorée, savent bien ce qu’elles représentent : un pari courageux et décidé pour la vie et pour la négociation politique du conflit.